A quelques kilomètres de Gordes, ce trouve cette abbaye austère et paisible, nichée au creux d'un petit canyon. C'est dans ce plateau que la Sénancole, petit fleuve, y a creusé son lit. Ce petit fleuve est très important pour l'abbaye, puisque c'est lui qui a donné son nom ç Sénanque après avoir tiré le sien de la racine sin- « montagne ».
Fondée en 1148 par des moines venus de Masan (Haut Vivarais), Sénanque prospéra rapidement au point que, dès 1152, sa communauté était assez nombreuse pour fonder une seconde abbaye dans le Vivarais, (c'est pour cela que l'on retrouve deux autres abbaye dans le même style que Sénanque, l'abbaye de Thoronet et de Silvacane). Elle bénéficia de nombreuses donations, en particulier des terres de la famille de Simiane et des Saigneurs de Venasque. Mais l'abbaye accumula des richesses peu compatibles avec les veux de pauvreté.
Au 14ème Siècle, c'est la décadence. Le recrutement de la ferveur diminue tandis que la discipline se relâche. Pourtant, la situation s'améliore et le monastère retrouve sa dignité en s'efforçant de respecter l'esprit fondateurs.
En 1544, l'insurrection vaudoise porte à l'abbaye un coup dont elle ne se relèvera pas : des moines sont pendus et plusieurs bâtiments incendiés.
A la fin du 17ème Siècle, Sénanque ne compte plus que deux religieux. Elle est par chance vendue comme bien national en 1791 à un acquéreur qui la préserve de toute destruction, et va jusqu'à la faire consolider.
Rachetée par un ecclésiastique en 1854, elle retrouve sa vocation d'origine : des bâtiments nouveaux viennent s'ajouter au anciens et 72 moines s'y installent. Depuis lors, malgré quelques tourments sous la IIIème République, la vie monastique a repris à Sénanque.
A l'époque de l'apogée de l'abbaye, les conditions de vie des cisterciens sont dures : les offices, les prières, les lectures pieuses alternent avec les travaux manuels, le temps de repos ne dépassant pas sept heures ; les repas, prix en silence, sont frugaux et les moines couchent dans un dortoir commun dépourvu du moindre confort. C'est donc dans ces lieux que les moines suivaient la règle bénédictines primitive avec une extrême rigueur : isolement, pauvreté, simplicité, seules voies pouvant mener à la béatitudes.